Prunelle (nom féminin)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Sorte de petite prune sauvage et âpre.
Il se dit aussi d'une Liqueur faite avec ce fruit.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Ouverture, qui paraît noire, dans le milieu de l'oeil et par laquelle passent les rayons lumineux qui vont impressionner la rétine. "La de l'oeil. Une taie qui couvre la de l'oeil. La dilatation de la ."
Fam., "Jouer de la ," Jeter des oeillades, faire quelque signe des yeux. Il se dit ordinairement en parlant des Signes qu'un homme et une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
Fig. et fam., "Conserver une chose comme la de ses yeux," La conserver soigneusement, précieusement. "Il y tient comme à la de ses yeux".



3ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Sorte d'étoffe de laine.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Prune sauvage, d'une extrême âpreté, fruit de l'épine noire ou prunellier.
    Fig. et familièrement. Du jus de , vin fort mauvais et fort âpre.

 2   Genre de plantes labiées, où l'on distingue le prunella vulgaris, L. dit par Tournefort brunelle, que Linné changea en (voy. BRUNELLE).

 3   Sel de , nitrate de potasse impur, mêlé à du sulfate de potasse.
    Pierre de , nitrate de potasse tabulaire.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Raoul de C. 48: Ançois en iert [sera] mainte froide cervele, Et traïnans en iert mainte bouele [boyau], Que je loi lais vaillant une parnele
    XVème siècle
     Mir. de Ste Genev: Je croy que c'est vin de pruneles : Où a-il esté sy forgy ?
    XVIème siècle
PARÉ: « Suc de s, espine vinette, sumac »

ÉTYMOLOGIE
    Diminutif de prune ; wallon, purnall, s. f. ; Berry, peurnell, preunelle.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Pupille de l'oeil.
BOILEAU: « Le feu sort à travers ses humides s »
MALEBR.: « Il est nécessaire pour la perfection de l'organe de la vue, que le trou de la diminue ou augmente à proportion que les objets sont plus ou moins éclairés »
VOLT.: « Il y avait trois ou quatre ans que je n'avais pleuré, et je comptais bien que mes vieilles s ne connaîtraient plus cette faiblesse, jusqu'à ce qu'elles se fermassent pour jamais »
DIDER.: « Gonflez un peu trop certains muscles de ses joues [d'une belle femme], et la voilà colère ; fixez la , et la voilà bête ; donnez du feu à cette fixe, et la voilà impudente »

 2   Il se dit pour regard.
LA FONT.: « Voyant une femelle... il baissait la »
SAINT-SIMON: « J'assénai une étincelante sur le premier président et le grand banc »
    Jouer de la , jeter des oeillades, faire quelque signe des yeux, particulièrement entre homme et femme.
CORN.: « Mon baladin muet se retranche en un coin, Pour mieux faire jouer la de loin »
MOL.: « Vous n'avez toujours fait qu'avoir les yeux sur elle. Rouge, tout interdit, jouant de la »
HAMILT.: « Tandis que le frère jouait de la guitare, la soeur jouait de la »
    Un tourneur de , un homme qui joue de la .
LA FONT.: « Oui, ce beau fils, ce tourneur de »

 3   Fig. La de l'oeil, chose très précieuse.
RETZ: « La cour, qui se sentit touchée à la de l'oeil, obligea M. le duc d'Orléans d'aller au palais »
LESAGE: « Elle a une mère qui vous chérira comme la de ses yeux, vous et tous vos enfants »
    Conserver une chose comme la de l'oeil, comme la de ses yeux, la conserver soigneusement, précieusement.
MASS.: « Si le Seigneur cesse un moment de veiller sur eux... de les garder comme la de son oeil »
J. J. ROUSS.: « Quelle grandeur ! quelle générosité ! ô que nous sommes petits devant lui ! conserve ce précieux ami comme la de ton oeil »

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guill. 21: Si alcuns crieve l'oil à l'altre et si la purnelle y est remese [restée]...
    XIIème siècle
BENOIT: « Les dous [deux] purneles de ses uiz [yeux] [il] Ne gardout pas plus cherement, Qu'il gardout lui [l'enfant] son escient »
     Th. le mart. 74: Qui vus het, e mei het e contre mei revele ; Qui vus fiert [frappe], e mei fiert en l'oil en la purnele ; Cil qui mesfait as clers, Deus le het et querele
    XIIIème siècle
     Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 271: De teuz [tels] qui ont ver toi orguel, M'agarde com plouele d'uel [ d'oeil]
    XVIème siècle
AMYOT: « Nous voyons noz yeulx reluisans dedans les s de ceulx de nos prochains »
     Sat. Mén. p. 186: Encore qu'il fasse sa toute blanche en la tournant aux voutes de l'eglise
PARÉ: « Les collyres qui sont comme des onguens, servent à la des yeux »

ÉTYMOLOGIE
    Prunelle, petite prune noire, par comparaison ; Berry, preunelle.


3ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Espèce d'étoffe de laine ou de soie. Prunelle en soie ; en soie et laine en chaîne ; en laine, Tableau annexé aux lett. pat. du 27 juill. 1780, Amiens.

ÉTYMOLOGIE
    Prunelle 1 ; à cause de la couleur noire de cette étoffe, qui servait d'ordinaire à faire des chaussons de femme.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Sorte de petite prune sauvage, dont le suc desséché entre dans quelques préparations pharmaceutiques.
Fig. et fam., "Du jus de ," Du vin fort mauvais et fort âpre.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


L'ouverture qui paraît noire dans le milieu de l'oeil, et par laquelle les rayons passent pour peindre les objets sur la rétine. "La de l'oeil. Une taie qui couvre la de l'oeil. La dilatation de la ."
Prov., "Jouer de la ," Jeter des oeillades, faire quelques signes des yeux. Il se dit ordinairement en parlant Des signes qu'un homme et une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
Prov., "Conserver quelque chose comme la de ses yeux," La conserver soigneusement, précieusement.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Espèce d'étoffe de laine. "Culotte de . Souliers de pour des femmes."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Sorte de petite prune sauvage qui vient sur un arbrisseau dans les haies. Ce fruit est aigrelet et styptique. On l'emploie dans la dyssenterie. On appelle Du vin fort mauvais et fort âpre, "Du jus de prunèlle".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


L'ouverture qui paroît noire dans le milieu de l'oeil, et par laquelle les rayons passent pour peindre les objets sur la rétine. "La de l'oeil. Une taie qui couvre la de l'oeil. La dilatation de laprunelle".
On dit proverbialement, "Jouer de la prunelle," pour dire, Jeter des oeillades, faire quelque signe des yeux. Et cela se dit ordinairement en parlant Des signes qu'un homme et une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
On dit aussi proverbialement, "Conserver quelque chose comme la de l'oeil," pour dire, La conserver soigneusement, précieusement.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Sorte de petite prune sauvage qui vient sur un arbrisseau dans les haies. Ce fruit est aigrelet & styptique. On les emploie dans la dyssenterie. On appelle Du vin fort mauvais & fort âpre, "Du jus de s."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


L'ouverture qui paroît noire dans le milieu de l'oeil, & par laquelle les rayons passent pour peindre les objets sur la rétine. "La de l'oeil. Une taie qui couvre la de l'oeil. La dilatation de la ."
On dit proverbialement, "Jouer de la ," pour dire, Jeter des oeillades, faire quelque signe des yeux. Et cela se dit ordinairement en parlant Des signes qu'un homme ou une femme se font l'un à l'autre, quand ils sont d'intelligence.
On dit aussi proverbialement, "Conserver quelque chose comme la de l'oeil," pour dire, La conserver soigneusement, précieusement.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Prunèle": 2e"è" moy. 3e "e" muet.] L'ouverture, qui parait noire au milieu de l'oeuil et par où les rayons pâssent pour être peints sur la retine. '"La " de l'oeuil. = "Fig." st. famil. "Jouer de la ", jeter des oeuillades, faire quelque signe des yeux, en parlant d'un homme et d'une femme, qui sont d'intelligence. 'Agathe trouva plus de dix fois le moment de "jouer de la " sur moi. "Mairv." = "Aimer" ou "conserver comme la de l'oeuil"; aimer tendrement, conserver avec soin.



1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Sorte de petite prune sauvage qui vient sur un petit arbrisseau parmi les hayes. "Du jus de ". On appelle du vin fort mauvais, & fort aspre, "Du jus de ".



2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Le noir de l'oeil qui est au milieu de la tunique cornée, & dans lequel se forme la vision. "La de l'oeil. une taye qui luy couvre la de l'oeil. la dilatation de la ".
On dit prov. "Joüer de la ," pour dire, Jetter des oeillades, faire quelque signe des yeux. Et on dit aussi prov. "Conserver une chose comme la de l'oeil," pour dire, La conserver soigneusement, precieusement.




Emplacement dans le dictionnaire :

proximité
proüesse
prude
prudemment
prudence
prudent
pruderie
prune
pruneau

prunellier
prunier
prurigineux
prussienne
prussiens
prussier
psalmiste
psalmodie
psalmodié
psalmodier
psalmodique




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...lui-même récemment un sens péjoratif ; on trouve en allemand scheren, raser, et scherzen, railler, en flamand scheren, raser, et scherts, raillerie. compter et conter. Dessein et dessin. Pupille. prunelle : on sait avec quel soin les grammairiens distinguent l'un de l'autre compter et conter. à les entendre il n'y aurait pas deux mots plus éloignés, malgré leurs sonorités identiques, et il a fallu...


Citation n°2 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...mots seraient à noter que les dictionnaires séparent arbitrairement, quoique l'un ne soit que la métaphore de l'autre. pupille est dans ce cas : qu'il signifie l'orpheline pourvue d'un tuteur ou la prunelle de l'oeil, c'est toujours le latin pupilla, diminutif de pupa, petite fille ( pupata, de la même famille, a donné poupée ). La pupille de l'oeil, c'est si bien la fille de l'oeil que l'expression se...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...la même famille, a donné poupée ). La pupille de l'oeil, c'est si bien la fille de l'oeil que l'expression se retrouve tout entière en portugais où la pupille se dit menina do olho. pareillement la prunelle des haies et la prunelle des yeux ne font qu'un. Le centre de l'oeil a été comparé à la petite prune d'un noir bleu ou violacé qui mûrit parfois après les gelées ; par une métaphore analogue, mais...


Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...poupée ). La pupille de l'oeil, c'est si bien la fille de l'oeil que l'expression se retrouve tout entière en portugais où la pupille se dit menina do olho. pareillement la prunelle des haies et la prunelle des yeux ne font qu'un. Le centre de l'oeil a été comparé à la petite prune d'un noir bleu ou violacé qui mûrit parfois après les gelées ; par une métaphore analogue, mais bien moins jolie et bien...


Citation n°5 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...l'oeil a été comparé à la petite prune d'un noir bleu ou violacé qui mûrit parfois après les gelées ; par une métaphore analogue, mais bien moins jolie et bien moins juste, les anglais appellent la prunelle de l'oeil eye-apple et les flamands, oogappel, la pomme de l'oeil. Le polonais qui a le verbe zrzeniac, commencer à mûrir, appela zrzenica la prunelle de l'oeil ; je ne sais dans quel ordre il faut é...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...